Opération Caribe Wave : Geeks vs Tsunami

8 août 2017 par tbrown | 232

C’est le constat criant de l’ONU : 90% des catastrophes naturelles enregistrées dans le monde depuis 20 ans ont été causées par les bouleversements climatiques. Pourtant, des investissements technologiques appropriés peuvent éviter que ces dangers naturels ne se transforment en catastrophe humaine. Pour cela, il faut disposer de données précises et fiables sur les risques existants : les technologies ont un rôle primordial à jouer dans la prévention de situations d’urgence ou de crise.

De nombreux geeks ont choisi de mettre leur savoir-faire au service des populations. C’est le cas de notre équipe Jawg qui s’est investie lors de l’Opération Caribe Wave de mars 2017.

Simuler un tsunami grandeur nature en Guadeloupe et en Martinique

Du 18 au 24 mars 2017, des équipes de hackers se sont mobilisées afin de simuler un tsunami grandeur nature en Guadeloupe et en Martinique et plus largement dans la zone Antilles.  Sous l’égide de Unesco, l’objectif de cet exercice était de prévenir de grandes catastrophes dans des zones à risques et, à terme, d’établir un protocole.

Après un long travail de préparation, 16 passionnés se sont réunis sur 5 jours pour mettre en commun leurs compétences respectives : cartographes, développeurs, logisticiens, collecteurs de fond, pros du tourisme ou encore vidéastes.

Drones aériens ou sous-marin, antennes relais, sondes, cartes interactives… : tout est mis en place pour préparer au mieux une riposte à ce séisme de magnitude 8,5, suivi d’un tsunami de plus de 15 mètres de haut.                                        

Notre rôle durant cette opération

La carte joue un rôle incontournable dans ce type d’opération : nous avons alors apporté notre savoir-faire. Dès le premier jour, l’ensemble des refuges potentiels de l’île a été répertorié. Ces données vont enrichir la carte de Marie-Galante et ont été ajoutées à OpenStreetMap, ce qui sera d’une grande aide pour prévenir les crises futures.

Le collectif a développé l’application “Mon Refuge". Elle permet aux populations de connaitre les sites de refuge via des cartes interactives.

Une catastrophe naturelle peut en cacher une autre. Après un tsunami, l’ensemble des fonds marins se trouve altéré. Le retour d’importants volumes de sédiments vers la mer modifie la profondeur des fonds. Parce qu’il n’y a pas d’infrastructures suffisantes, la plupart des bateaux locaux n’ont pas accès à des données en temps réel. Nos équipes ont placé des sonars pour actualiser les données et établi une carte des fonds marins. L’objectif est de prévenir les accidents qui seraient susceptibles de survenir après un tsunami.

L’association HAND (Hackers Against Natural Disasters) a initié cette opération. L’objectif est de réagir au mieux aux risques naturels en mobilisant des compétences numériques très diverses. Cette initiative se fonde sur des principes de partage et d’ouverture : 100% des solutions utilisées sont « Open Source ». Loïc Ortola, notre CTO, a choisi de faire partie de cette aventure en rejoignant le bureau de HAND en 2017.                                                                                                  

La participation à cette opération et les enjeux associés étaient pour nous un véritable challenge et un objectif primordial. La non-utilisation des outils numériques dans des scénarios de crises majeures est une vraie problématique, qui n’est pas seulement technique ou financière mais avant tout politique. Le partage de nos savoir-faire techniques devient alors vital dans ces zones à risques en situation de précarité numérique.

Bousculer les esprits afin de faire évoluer les mentalités quant à l’importance des technologies dans la prévention des catastrophes naturelles : un réel enjeu pour lequel nous continuerons à nous engager.